Maison hantée

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Il avance lentement, le pâle halo de lumière de sa lampe-torche n’a qu’un pas d’avance sur lui. Il n’a aucune envie de rejoindre le faisceau mais celui-ci l’entraîne inexorablement vers la bâtisse, inhabitée depuis que la foudre avait mystérieusement tué ses occupants. Son propriétaire de l’époque, Lord Fardell, avait acquis une réputation sulfureuse suite à ses conférences sur ce qu’il appelait « les malédictions farfelues des momies ». Il prétendait que les décès soudains des différents explorateurs étaient dus au fait qu’ils avaient respiré l’air vicié des espaces confinés des chambres mortuaires ; Qu’il suffisait d’y pénétrer protégé d’un masque pour se prémunir d’une quelconque infection ; Que quiconque continuait à colporter le contraire était sot, et qu’il convenait de persévérer dans l’étude de cette civilisation au nom de la science et de la culture… Et des profits, ajoutait-il par devers lui.

Bastien contourne la fontaine neoclassique, où un bouffon de pierre brandit un crâne. A l’époque de sa splendeur, l’eau coulait de tous ses orifices. Lord Fardell avait fait installé un mécanisme secret qu’il déclenchait en appuyant sur un bouton : une voix de fausset ricanait « to be or not to be ». Les dames se pâmaient, le lord s’esclaffait.

Bastien s’introduit dans la maison par la porte des anciennes cuisines et commence son exploration. Il doit rapporter un objet bleu et éméché, pari débile mais surtout perdu. Cependant il n’est visiblement le premier. Le jeune homme doit s’aventurer plus avant. Arrivé au pied de l’escalier de l’immense hall, sa lampe s’éteind, ne laissant comme éclairage que la lune brumeuse. Il lève les yeux et découvre un pendu accroché au lustre monumental. Ses lames de verre réverbère la lumière qui éclaire le macchabée habillé en dandy du XIXème. Bastien commence à gravir les marches, le regard vissé sur le mort. Les vêtements, le visage ne semblent pas avoir subi les outrages du temps outre-mesure. Arrivé à sa hauteur, Bastien tend la main, tentant de toucher pour tester la rigidité cadavérique de l’homme. Il s’appuie contre la balustrade, se penche, se penche encore, s’étire au maximum et dans un dernier effort attrape les doigts. C’est alors qu’il bascule dans le vide et s’écrase quelques mètres plus bas.

Elle se glisse hors de la corde et des habits, ses bandelettes ainsi libérées volètent autour d’elle. La momie s’approche de Bastien, aspire ce qui lui reste de vie.

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