Attablés avec l’ennui

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Les conversations s’alanguissent. Les quelques phrases lancées sont d’une telle banalité qu’on ne prend pas la peine de les terminer. Ils y répondent par un hochement de tête, un soupir, un « c’est sûr » « c’est comme ça ». Les verres sont vides mais personne ne propose d’autres tournées. L’un époussette une poussière imaginaire, l’autre scrute les stries de son verre, quand le troisième a le regard fixe sur le vague. Soudain il se lève d’un bond : « Paul ! ». Il agite le bras, et un gamin d’une dizaine d’années arrive en courant. On lui fourre dans la main sa bouteille de soda entamée, et tout le monde se lève. On pourrait croire qu’il y a urgence, là où il n’y a que soulagement. On se fait la bise, on se dit que ce pot était vraiment une bonne idée, on se répond « faudra remettre ça », et chaque famille part dans une direction différente, plus légère à chaque pas ; « Pourtant ils sont gentils », chacun se dit.

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